Rencontre avec Tessa Doornaert


Bonjour à tous,

Je suis très heureuse de vous présenter Tessa.

Tessa est belge et vit en Australie avec son mari Matt et leurs deux enfants près de Melbourne dans le Victoria. Tessa nous raconte pourquoi elle est partie vivre en Australie, comme elle aime sa vie là-bas mais aussi comme cela peut être difficile de vivre loin de sa famille.

Je vous souhaite une belle lecture,

Yseult

 

Tessa, peux-tu me présenter ta famille?

Nous sommes une famille de 4. Nous avons une fille, Ella, presque 3 ans et un garçon Charlie de 18 mois.

Comment as-tu rencontré Matt et quand t’es-tu dis que tu étais prête à tout quitter pour le suivre en Australie?

Je l’ai rencontré en Espagne à un festival en 2012. Ensuite, il est venu me rendre visite à Malaga pendant mon Erasmus mais il n'est jamais reparti ! C'était comme une évidence. On s'était trouvé et on ne se quittait plus. J'avais déjà l'intention de passer un an en Australie après mon baccalauréat de traductrice du coup je n’ai pas hésité. Il savait que je voulais aller en Australie, il n’a donc pas eu la pression que j’aille là bas uniquement pour lui.

Comment as-tu fait pour obtenir ton visa? Est-ce aussi compliqué qu’on le pense?

Nous avons fait le Partner visa. C’est vraiment beaucoup de paperasses, ça nous a pris presque un an. J’étais en Belgique et j’attendais chaque minute de le rejoindre.

Est-ce difficile de trouver un travail là-bas ?

Dès mon arrivée en Australie, j'ai trouvé un job en tant que serveuse dans un chouette restaurant du coin ensuite j’ai eu envie d’être indépendante. C’est très facile en Australie pour se lancer. On est beaucoup moins taxé qu’en Belgique. Je donne des cours particuliers de français. J’aime beaucoup mes élèves et surtout ma liberté. J’organise mon agenda comme je le souhaite.

Est-ce facile de se faire des amis en Australie ?

Ca a été super facile de me faire des amis parce que Matt m’a présenté les siens. Il a un chouette groupe d’amis qui ont toutes des copines du coup je me suis rapprochées d’elles. On a aussi beaucoup de chances en Australie, tout est super bien organisé pour les mamans. Par exemple, une ou deux semaines après la naissance d’Ella, mon médecin m’a mis en contact avec un 'Mother's group', c’est un groupe de mamans qui ont toutes accouché plus ou moins en même temps. On se rencontre une première fois avec la 'maternal nurse' et puis si on accroche avec l'une ou l'autre maman, on organise des play date ou des cafés dans les parcs. Je trouve ça génial. Ce n’est pas toujours facile d’être une jeune maman ni de s'habituer à la vie de maman. On peut se sentir isolée ou un peu décalée par rapport à nos amies qui n'ont pas d'enfants. Grâce à cette initiative australienne, je me suis fait de nouvelles amies.

Est-ce difficile de faire tout le suivi de grossesse dans une autre langue que ta langue maternelle?

Non ce n’était pas du tout difficile. Je suis parfaitement bilingue en anglais et je vivais déjà depuis près de 4 ans ici en Australie avant de tomber enceinte donc j’étais habituée au système de santé.

Comment as-tu vécu ta première grossesse loin de ta maman?

C’était vraiment dur d'être loin de ma mère mais grâce à la technologie d'aujourd'hui ça allait. Elle vit à des milliers de kilomètres de moi mais c’était quand même elle que j’appelais quand j’avais des inquiétudes ou des questions... Par contre, elle m'a juste vu au début de ma première grossesse. Ce n’est pas toujours facile, je n’ai pas partagé les plaisirs de la grossesse avec elle comme acheter des petits vêtements, préparer sa chambre,… J’ai du faire tout ça toute seule.

Quelle langue parles-tu as tes enfants?

Je parle uniquement en français à mes enfants. Ils comprennent tout mais ils répondent malheureusement plus souvent en anglais qu'en français.

As-tu des moments de cafard d’être loin de ta famille, de tes amies et de la Belgique?

Je n'ai jamais de moments de cafard...vraiment jamais. Je pense que depuis le début je suis cœur et âme dans ma vie ici en Australie. J'aime énormément la Belgique, ça sera pour toujours mon pays natal et j'adore y retourner pour voir ma famille et mes amis mais l’Australie est vraiment devenue ma maison, là où j'ai tout bâti avec Matt et mes enfants.

Arrives-tu à entretenir tes amitiés en Belgique ?

Ce n’est pas facile. C’est beaucoup de messages sur les réseaux sociaux et quelques appels. J’ai perdu des amies, ça c’est sur mais je n’ai pas de regrets. Je pense que c’est normal tout le monde prend des chemins différents dans la vie et le mien est le moins qu’on puisse dire très loin de la Belgique.

Est-ce difficile de voir tes enfants si proches de la famille de ton mari quand la tienne est si loin?

Pour le moment à cause du covid, l'Australie est complètement fermée du monde extérieur. On se sent malheureusement comme dans une prison. On ne peut ni y rentrer ni en sortir. C'est très difficile de ne pas pouvoir voir ma famille en Belgique et le pire c'est que nous n’avons aucune idée de quand on pourra les revoir. L'Australie doit apprendre à vivre avec le covid et arrêter de rêver d'une éradication totale. On ne peut pas rester enfermer comme ça. C'est inhumain. Donc oui c'est dur de voir la famille de Matt devenir de plus en plus proche des enfants et la mienne doit se contenter de wahtsap et messenger video calls. J'appelle ma mère tous les jours ou tous les deux jours. On parle de tout et de rien, ça me fait beaucoup de bien. Mais elle me manque énormément.

Tu n’es pas aidée par ta famille pour les enfants, est-ce que ta belle-famille t’aide? Es-tu proche de ta belle-mère?

Oui je suis aidée par ma belle-mère. Elle va à la natation avec eux et les garde quand nous avons besoin mais ce n’est quand même pas pareil...  Je ne suis jamais vraiment à l'aise avec elle. C'est tout à fait différent. Je parle de tout avec ma mère. Si elle vivait ici, je sais qu’on irait souvent boire un café ou faire du shopping à deux. Elle viendrait garder mes enfants une heure ou deux histoire que j'aille me changer les idées et souffler un peu. Je n’ai vraiment pas ça avec la mère de Matt. J'ai aussi l'impression que sa propre fille qui a elle même 4 enfants fait toujours tout mieux que moi, elle sait toujours tout, elle a toujours raison parce qu'elle a 4 enfants et qu'elle a plus d'expérience dans le domaine....

Penses-tu par moment à venir vivre en Belgique avec tes enfants et ton mari?

On ne pense pas venir vivre en Europe en tout cas pas avant que les enfants soient encore sous notre toit. L'idée est d’envoyer les enfants étudier en Europe vu qu'ils ont les deux nationalités et de venir s’installer en Europe quand nous serons retraités.

Etait-ce un choix d’avoir des enfants si rapprochés ?

J'ai toujours voulu avoir deux enfants rapprochés et un garçon une fille c'était mon rêve. Je suis vraiment comblée. Je pense que Matt aimerait un troisième mais il est hors de question pour moi. Je ne vois pas l'intérêt d'avoir un troisième quand nous avons été si gâtés avec un garçon et une fille.

Aimes-tu ton équilibre entre ta vie de maman et ta vie professionnelle ?

J'arrive à un point dans ma vie où je sens que je dois avoir des projets professionnels. J'adore être maman mais j’ai envie d’avoir une vie professionnelle pour être vraiment une bonne mère et pas avoir mes coups de ras le bol trop souvent. Je suis 80% du temps maman et 20% au travail. Ca commence vraiment à me trotter dans la tête. Je sais que j’ai beaucoup de chances de pouvoir profiter de mes enfants et qu’on puisse vivre grâce à la société de Matt mais c’est pour mon propre développement personnel. J’ai besoin d’être fière de quelque chose que j’ai bâti seule. Matt est assez traditionnel pour ça, il aimerait que je m’occupe des enfants à 100% mais il commence à comprendre que ce n’est pas ce que j’ai envie. J’admire ces mamans qui sont dévouées à 200% et qui sont épanouies en restant avec leurs enfants toute la journée. Ce n’est pas mon truc…

Peux-tu me parler du la vie en Australie ?

Les australiens sont super conviviales, toujours partants pour tout et surtout très ouverts d’esprit. Ils font attention depuis déjà longtemps à l’écologie, tout le monde a des « Keep Cups » pour les cafés à emporter et des gourdes. Ils achètent beaucoup plus local aussi. Par contre, le rêve australien comme surfer tous les jours et le slow living c'est très cliché tout ça. Je surfais avant d'avoir des enfants et je compte recommencer mais Matt ne surfe pas. Ce n'est pas aussi répandu... On habite à 15 minutes de la côte et à 5 minutes d'une petite baie / port. C'est une magnifique région avec beaucoup de vignobles le long de la côte. J’adore l’Australie, je ne me verrais nulle part ailleurs.

Merci pour ce témoignage Tessa.

 

 


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